Article rédigé par Julie Fund

C’est avec un peu beaucoup de chance et surtout la générosité de la Flupa et de Dailymotion, que j’ai pu me rendre à l’Interaction Week 18, suite au tirage au sort organisé sur Twitter. Il m’a suffi d’un gif de dinosaures se dandinant pour remporter le ticket d’or tant convoité. Laissez moi donc vous rapporter quelques nouvelles toutes fraîches du monde de l’expérience utilisateur.

La Sucrière tout en beauté

C’est dans ce lieu chargé d’histoires culturelles que fut accueilli l’Interaction Week 18, organisée par l’antenne franco-lyonnaise de l’association IxDA (brillamment propulsée par Gilles Demarty et Roberta Tassi). Une semaine d’ateliers et d’échanges avec en point d’orgue les trois jours du congrès international du design interactif.

Le site fut pour quelques jours complètement réagencé, avec à son rez-de-chaussée, La place “du village” et l’Amphithéâtre principal (doté d’une scène, de lumières et d’un décor très soignés). Sur les coursives du second niveau se tenaient les différents stands des entreprises partenaires les plus renommées (la plupart des GAFAM pour ne citer qu’eux), profitants de l’événement pour recruter de futurs talents. Tandis qu’au troisième niveau, Le petit théâtre prenait place à côté du Forum, où des étudiants du monde entier bouclaient le Student Design Challenge sur le thème de l’inclusion. Sur les toits du bâtiment, le Sucre accueillait une troisième salle de conférence.

Photo de l’équipe de Dailymotion

Créer du lien pour dissoudre les limites

Ces trois jours furent l’occasion de côtoyer près d’un millier de confrères, de penseurs et d’étudiants venus du monde entier participer à cette “réunion de famille” inspirée par la confluence du Rhône et de la Saône.

Le premier jour s’amorça sur la thématique du micro, pour se concentrer sur les détails qui comptent vraiment. Le festin s’ouvrit sur le keynote du magistral Alan Cooper. Bien décidé à nous faire réfléchir sur ce que notre travail peut devenir des années plus tard, il tient à ce que nous devenions de bons ancêtres pour les générations futures. D’autres conférenciers nous rapportèrent en hors d’oeuvre, leurs expériences de conception de l’interaction pour des objets connectés (chez Nest, Amazon, Microsoft, …). Tant dis que Nicolas Nova et Jim Hoekema prirent parti de bondir dans le passé nous parler de projets du siècle dernier, afin de mieux éclairer notre façon de concevoir l’expérience humaine aujourd’hui. Certaines interventions comme celle de Kenya Hara, designer pour la marque japonaise Muji, ont permis de prendre du recul sur le concept du vide, aussi épuré qu’il semble complexe à ajouter dans beaucoup de projets.

La seconde journée de plats alléchants se focalisa sur les transformations méso-systemiques à l’échelle de communautés ou d’organisations. Elle fut notamment rythmée par les prises de parole de Belen Palacios et Emile Hooge, qui ont chacun à leur manière, argumenté sur la place de la co-création au sien de l’espace urbain. Pour sa part, l’anthropologue du design Anna Haverinen nous démontra à travers quelques exemples d’interfaces, que toutes les émotions négatives ne sont pas mauvaises et qu’elles dépendent de leur contexte. Haiyan Zhang clôtura l’après-midi par un touchant témoignage sur l’utilisation des méthodes UX pour la conception d’outils inclusifs dans le but de faciliter la vie des personnes en situation de handicap.

Le dernier jour fut consacré à une prise de recul sur les identités au niveau macro. Il fut fortement influencé par plusieurs projets de design fiction proposés par Anab Jain ou encore Tatiana Toutikian, qui débuta son speech par une incroyable conversation avec son assistant virtuel sur les modes de vie du futur. S’en suivit de quelques mignardises servies notamment par Farai Madzima pour nous laisser en bouche une note sucrée. Son intervention sur l’inclusivité culturelle dans le monde du design fut l’une des plus acclamées de cet événement. Nous révélant comment la critique, la façon de communiquer ou la prise de décision peuvent varier avec intensité d’un pays à l’autre. Farai sut ainsi nous inviter à reconcevoir nos propres façons de travailler selon nos méthodes d’human-centered-design, en s’inspirant de chaque culture pour trouver son propre équilibre.

Après trois jours de banquet copieux, la tête est rassasiée, la pensée est inspirée, et l’esprit confiant sur les façons de faire évoluer la profession.

Je tiens une fois de plus à remercier chaleureusement les équipes de la Flupa et de Dailymotion pour leur inestimable cadeau.

A l’année prochaine dans les forêts sauvages de Seattle ?

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